Lorsque je discute de la situation environnementale avec des personnes qui ne sont pas encore engagées dans une démarche plus écolo, la conversation atteint régulièrement le même point. Après quelques minutes passées à répondre aux questions de mon interlocuteur à propos de certains des changements que l’on peut faire dans son quotidien, celui-ci me répond souvent avec une variante de la même phrase :

 « De toutes façons, ce n’est pas moi, à mon échelle, qui vais changer les choses. »

Cette réaction m’attriste : j’y vois le reflet d’un sentiment d’impuissance bien ancré.

Pourtant, je crois fermement que chacun d’entre nous peut contribuer à protéger l’environnement, quotidiennement et tout au long de sa vie.

Aujourd’hui, je vais te présenter deux mécanismes qui renforcent ma conviction profonde que le moindre des petits gestes compte.

 

Tes actions du quotidien s’accumulent

 

Pris isolément, chacun de nos gestes, “bon” ou “mauvais” pour la planète, est dérisoire.

Un robinet qui coule pendant qu’on se brosse les dents, un déchet jeté par terre, une pièce vide éclairée cinq minutes avant qu’on s’en aperçoive, un repas… Un à la fois, ça n’aggrave pas beaucoup les choses.

Mais si on à additionne les petites choses, d’abord à l’échelle d’une personne, rien que sur une journée, puis sur une année, et puis sur toute une vie, et enfin qu’on rapporte à la population de la Terre entière, on réalise qu’une chose infime, faite en nombre, a de gigantesques conséquences.

On ne se rend pas compte de l’incidence de nos gestes, car leurs conséquences ne sont pas directes dans le temps et dans l’espace.

Dans le cas des déchets en particulier, si on ne les voit pas s’accumuler, c’est parce qu’en France, ils sont évacués une ou deux fois par semaine, que nos villes sont nettoyées et que l’espace public est parsemé de corbeilles.

Pour rendre la masse de nos déchets plus visibles, le photographe Antoine Repessé a réalisé une série nommée 365 Unpacked, où il met en scène des individus au milieu de leurs déchets accumulés dans le temps.

Lorsqu’on regarde ces photos, où le déchet inonde des lieux de vies, on visualise pleinement quelque chose : toutes les petites choses de la vie quotidienne, mises bout à bout, s’accumulent et créent notre impact – ton impact – sur l’environnement.

Là où ton pouvoir réside, c’est dans le fait qu’il y a certainement une bonne partie de tes habitudes que tu peux changer pour des alternatives plus respectueuses des équilibres naturels.

Rien qu’avec cette première prise de conscience, tu as déjà fait une partie du chemin.

La prochaine étape prend racine dans ton rapport aux autres.

 

Tu sous-estimes ton influence sur les autres

 

Quand on dit qu’une personne seule n’a pas le pouvoir de changer les choses, dans l’absolu, c’est vrai.

Un individu ne va pas soudainement sauver la planète à coup de sacs à vrac, de légumes de saison et de covoiturage s’il est le seul à le faire !

En revanche, chaque personne a le pouvoir d’influencer celles qui l’entourent, et, par effet domino, d’être un exemple pour de plus en plus de personnes, rien qu’en étant soi.

La phrase suivante est tellement souvent citée que je suis sûre que cela fait longtemps que tu l’accueille en levant mentalement les yeux au ciel tant elle est aussi cliché qu’un T-Shirt Nirvana sur un lycéen :

« Incarne le changement que tu souhaites voir dans le monde. »

 (attribué à Gandhi)

Cette phrase ne signifie pas seulement qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même et que si on n’arrive pas à convaincre les autres, au moins on aura fait le maximum et on a sa conscience pour soi.

Pour moi, elle signifie aussi qu’en incarnant ce changement, on peut inspirer les autres à faire de même. En attisant leur curiosité. En démarrant une conversation. En ayant le courage de faire les choses autrement. En les inspirant.

Combien de choix as-tu faits parce que tu as pris exemple sur quelqu’un d’autre ?

Probablement une large majorité.

L’ado dont je parlais plus haut porte probablement un t-shirt Nirvana parce qu’à son arrivée au lycée, il a vu des élèves de terminale, l’incarnation du cool à ses yeux, porter des t-shirts de ce groupe.

Le contenu de ton assiette est probablement inspiré par ce que tu mangeais chez tes parents.

Tu adoptes une nouvelle habitude parce que tu l’as découverte en lisant un témoignage.

Nous nous construisons en permanence en réaction à des inspirations extérieures.

Mais tu peux aussi être l’individu sur lequel quelqu’un d’autre prendra modèle.

En discutant avec le patron du bar où tu vas tous les vendredi soir et en lui expliquant gentiment qu’il pourrait songer à demander à ses clients s’ils ont besoin d’une paille au lieu de leur en donner une systématiquement.

En proposant d’aller travailler en covoiturage à ton collègue qui habite deux rues plus bas et qui a les mêmes horaires que toi.

En expliquant pourquoi tu ne manges pas de fruits exotiques à celui qui te pose la question au détour d’une conversation.

 

Tu peux être une source d’inspiration pour quelqu’un d’autre, sans avoir besoin de passer ton temps à essayer de le convaincre. 

 

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer les autres tout de suite grâce à la section des commentaires ! Laisse un commentaire ci-dessous et explique-nous :

>>>> Si tu te sens impuissant maintenant: pourquoi? Si tu es convaincu de ton pouvoir: quel a été ton déclic?

>>>> Si tu es déjà engagé dans un mode de vie plus respectueux de l’environnement, as-tu déjà remarqué l’influence que tu avais sur tes proches, ou sur de parfaits inconnus? Racontes-nous le plus beau changement que tu aies créé chez quelqu’un d’autre!