D‘après l’Ademe, en France, la production alimentaire représente environ 1/4 des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que les transports et le logement. Cette production, sous sa forme la plus répandue, engendre une consommation d’énergie, des pollutions (pollution de l’air, de l’eau, déforestation, appauvrissement des sols…) et des destructions (érosion de la biodiversité, fragmentation des paysages, imperméabilisation des sols…).

Par ailleurs, on estime qu’à l’échelle mondiale, les 3/4 des terres agricoles servent directement ou indirectement à l’élevage (en comptant les terres agricoles requises pour faire pousser la nourriture des animaux).

La consommation de chair animale est un sujet polarisant.

Cet article s’adresse aux personnes qui souhaitent arrêter ou réduire leur consommation de chair animale et de sous-produits animaux. Mon objectif n’est pas de chercher à convaincre ceux qui ne formulent pas ce souhait, mais uniquement à donner des pistes pratiques à ceux qui ont déjà pris cette décision.

Nous sommes tous différents biologiquement, aucune façon de s’alimenter ne convient à tout le monde.

Pour certains, changer son alimentation pour une alimentation végétale fait sens dans une recherche de mieux-être et de réduction de son impact écologique.

Ces conseils sont pour eux.

Un petit rappel des termes

*Végétarien: manière de s’alimenter qui exclut la chair animale (le poisson et les fruits de mer sont des animaux).

*Végétalien ou alimentation végétale: manière de s’alimenter excluant la chair animale et les sous-produits animaux (produits laitiers, oeufs..) et, selon les individus, les produits de la ruche (miel, gelée royale…).

*Vegan (ou végane) : mode de vie qui combine une alimentation végétale et un refus des biens de consommations et des loisirs qui impliquent des animaux. Cela exclut donc, par exemple, le cuir, la laine et la soie, ainsi que certains cirques, les zoos, mais aussi les produits testés sur les animaux, comme certains cosmétiques.

Ces termes sont utiles pour savoir facilement de quoi on parle, mais il ne reflètent pas de “dogmes” (avec des “interdits” et des “droits”). Il y a autant de façon de vivre et de s’alimenter que d’individus, et ces termes sont forcément réducteurs – mais pratiques.

1. Faire des recherches

Toute façon de se nourrir, quelle qu’elle soit, se doit d’être en cohérence avec les réalités biologiques du corps humain.

L’alimentation, au-delà de son rôle de plaisir ou de convivialité, a pour objectif de nous maintenir en vie en contribuant au bon fonctionnement de notre corps.

L’alimentation doit donc apporter de l’énergie et les “briques” de base (les macronutriments: lipides, glucides, protéines), ainsi que les éléments indispensables au bon fonctionnement du corps et à son entretien (les micronutriments: vitamines et minéraux).

Le régime alimentaire dit “omnivore” n’est pas plus “simple” à mettre en place que les autres: il nous semble juste plus facile parce que, depuis l’enfance, nous recevons les recommandations pour équilibrer cette manière de s’alimenter à l’école, dans les livres, dans les documents officiels, à la télévision…

Et il est le plus répandu dans nos société: nous sommes en général très familiers avec cette façon de procéder et les autres manières de s’alimenter nous paraissent ainsi plus compliquées, car moins habituelles.

Or, toutes les façons de s’alimenter obéissent à des “règles” pour se conformer aux réalités biologiques du corps humain, et non parce qu’un régime différent du régime “omnivore” serait, en soi, plus compliqué.

L’alimentation omnivore obéit elle aussi à des règles.

C’est là qu’il est intéressant de faire des recherches sur la nutrition, l’alimentation et le fonctionnement du corps humain, sur des sites spécialisés ou en lisant des ouvrages de vulgarisation (comme “Le charme discret de l’intestin” de Guilia Enders), ou encore de se documenter sur la façon d’équilibrer des régimes alimentaires différents du régime omnivore (voir les ressources en fin d’article).

2. Se documenter sur la vitamine B12 (et se rendre compte qu’elle ne concerne pas que les végétaliens)

 

La vitamine B12 est un élément indispensables pour la santé de l’être humain. Elle joue un rôle crucial dans le maintien d’un système nerveux et de cellules sanguines saines.

Elle a la particularité d’être absente du règne végétal, c’est-à-dire qu’on ne la retrouve que dans les produits animaux (chair et sous-produits) qu’on consomme couramment. Elle est produite par des micro-organismes qu’on trouve dans le sol ou dans l’estomac des herbivores.

Or, il semblerait que compte-tenu de l’actuelle dégradation des sols résultant de l’exploitation agricole intensive depuis le milieu du XXe siècle, cette B12 présente dans la terre et qu’on absorbait en s’alimentant auparavant, soit devenue rare.

C’est la raison pour laquelle les animaux d’élevage sont supplémentés en vitamine B12, et qu’actuellement, la meilleure source de cette vitamine soit  la chair animale.

Comme une alimentation végétalienne exclut les produits animaux, si tu souhaites adopter une alimentation végétale, il est indispensable que tu prennes une supplémentation en vitamine B12.

Pour en savoir plus, l’Association Végétarienne de France a un guide très bien fait.

Il est également important de noter qu’il est recommandé, pour les individus de plus de 50 ans, quel que soit leur régime alimentaire, sans contre-indication médicale, de se supplémenter en vitamine B12 car l’absorption de celle-ci diminue avec l’âge du fait de la réduction de la production dans l’estomac du facteur intrinsèque.

3. Consulter un professionnel de santé

 

Selon notre état de santé et nos spécificité individuelles, tous les aliments ne nous conviennent pas.

Il est donc intéressant de déterminer avec un professionnel de santé le régime alimentaire qui est le mieux adapté à son corps et à sa santé, et ce cheminement va au-delà de l’inclusion ou de l’exclusion de produits animaux.

C’est là que consulter d’abord un médecin ou un médecin nutritionniste, et, dans un second temps, un diététicien ou un naturopathe, permet de bénéficier d’une expertise et de personnaliser son régime alimentaire, pour faire coïncider ses envies, ses convictions et sa physiologie.

Note importante: les médecins et les nutritionnistes sont des professionnels de santé – les conseils d’un diététicien, d’un praticien de médecine traditionnelle chinoise ou d’Ayurvéda ou encore d’un naturopathe, eux, sont complémentaires et ne remplacent pas le diagnostic des premiers.

Par ailleurs, si tu suis une alimentation végétarienne ou végétalienne, il est important de faire un bilan sanguin une fois par an pour vérifier que tout va bien.

4. Appliquer le modèle de l’assiette

 

Un modèle simple à retenir pour équilibrer l’alimentation végétale est le modèle de l’assiette.

Ce modèle a été partagé sur l’excellent Pick Up Limes, une référence anglophone du véganisme.

Le modèle de l’assiette par Pick Up Limes

Note:

“vegetables and/or fruits” = légumes et/ou fruits ;

“grains” = céréales ;

“plant-based protein” = protéines végétales ;

“fats” = matières grasses

Schématiquement, dans l’alimentation végétale, une assiette devrait être divisée en 3 parties: environ une moitié pour les fruits et légumes, environ un quart pour les protéines (légumineuses, soja…) et environ un quart pour les céréales.

En plus (et c’est indispensable, ce n’est pas une option), on devrait ajouter une supplémentation en vitamine B12 et en vitamine D (pour les mois d’hiver en Europe, en particulier en Europe du Nord), une source de calcium et des matières grasses de bonne qualité (en n’oubliant pas de consommer des sources d’oméga 3).

Important: beaucoup d’autres éléments entrent en jeu dans l’équilibre d’une alimentation végétale, cette approche de l’assiette n’est qu’un premier pas, il est nécessaire que tu fasses des recherches complémentaires ou de consulter un professionnel, comme je l’ai dit.

J’ai regroupé des ressources en fin d’articles pour t’aider à commencer.

5. Impliquer son entourage et partager son expérience

 

On l’a vu, l’alimentation végétale souffre de la réputation d’être compliquée car elle diffère de la norme.

Si tu aimes ce que tu manges, ceux qui t’entourent le verrons.

Tu peux aussi leur faire goûter tes préparations (s’ils le souhaitent!) pour montrer que cette façon de se nourrir n’est pas automatiquement fade!

L’alimentation végétale est très en vogue ces dernières années, et les blogs et livres de recettes se multiplient: il est devenu très facile de satisfaire tous les goûts, de s’adapter à toutes les situations et de faire preuve de créativité et de variété.

Comme pour tes autres habitudes de vie plus écolo, inspire les autres par ton exemple!

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

 Ressources:

> Pour les recettes: le blog de Marie Laforêt et son livre Vegan

> Pour améliorer ta compréhension de ce qu’est une alimentation saine, végétale ou non: le Chaudron Pastel de Mély

> L’Association végétarienne de France et ses fiches infos (téléchargeables gratuitement en PDF) dont sa  fiche sur la B12 et son guide du végétarien débutant

Pour les anglophones:

> Le blog de Pick Up Limes et sa chaîne YouTube

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer les autres tout de suite grâce à la section des commentaires ! Laisse un commentaire ci-dessous et explique-nous :

>>>> Tu as une alimentation végétale depuis un moment: quels conseils donnerais-tu à un débutant ?

>>>> Tu n’est pas sûr de réussir ou de vouloir passer à ce type d’alimentation: quelles sont tes hésitations, tes questions ?