L’autre jour, au-dessus d’un jus pomme-carotte, je discutais avec une jeune femme de son implication croissante dans la démarche zéro déchet (pour en savoir plus sur le zéro déchet, tu peux consulter mon article et le site de Zero Waste France).

Elle m’expliquait qu’elle rencontrait une difficulté: comme elle faisait de son mieux pour choisir une alimentation locale, de saison, bio, peu transformée, végétarienne et en vrac, elle avait du mal à trouver tout ce qu’elle avait l’habitude de consommer avant qui réunissait tous ces critères.

Elle constatait donc qu’elle mangeait un peu moins varié qu’avant, et elle cherchait une solution pour retrouver cette variété.

Je me suis moi aussi retrouvée dans une situation similaire il y a quelques temps. J’appliquais les mêmes principes, et le spectre de mon alimentation s’était brièvement réduit. J’ai donc dû faire des compromis pour continuer à m’alimenter de la manière que j’avais choisie.

La raison pour laquelle cette jeune femme et moi en sommes arrivées là, c’est le décalage entre la demande et l’offre dans le secteur de l’alimentation en vrac.

Les limites actuelles des boutiques spécialisées dans la ventre alimentaire en vrac

Les boutiques de vente d’alimentation en vrac sont un phénomène assez récent, qui prends de l’ampleur depuis à peine une demi-décennie.

Les gérants de ces boutiques font face à plusieurs contraintes, en plus des questions d’organisation en boutique et d’hygiène. Cela explique pourquoi ce secteur encore balbutiant ne peut pas toujours tout proposer – pour le moment!

Trouver des fournisseurs

Et en particulier un approvisionnement aussi local que possible.

Les magasins indépendants commandent des petites quantités à leurs fournisseurs, et il n’est pas toujours possible pour ces derniers de satisfaire cette demande. 

Soit ce n’est tout simplement pas rentable pour le fournisseur, soit certaines grandes enseignes d’alimentation biologique passent avant et raflent toute la production.

Le problème est parfois logistique: le producteur local existe bien, il accepte de vendre de petites quantités, mais ne dispose pas de moyens de livraison.

Et puis il y a la question du prix: une plus petite production coûte généralement plus cher.

Ainsi, malgré la cultures de certains produits en France, les magasins en vrac indépendants se retrouvent régulièrement contraints à proposer des produits qui viennent de loin pour respecter leur politique de prix et maintenir la variété de leur offre.

Elaborer une offre qui attire la clientèle la plus large possible

L’objectif d’un commerce est de générer un profit pour faire vivre ceux qui le tienne.

Pour de la vente au détail de biens de faible prix, c’est surtout le nombre de clients et leur fidélité qui assurera la rentabilité de l’entreprise.

Ainsi, une boutique a tout à gagner à avoir une clientèle aussi large que possible, c’est-à-dire potentiellement convertir des personnes qui sont peu familières du zéro déchet ou pour qui le zéro déchet ne s’inscrit pas encore dans une démarche écologique plus large.

Il est considéré comme normal depuis quelques décennies de trouver dans les magasins d’alimentation, quels qu’ils soient (du moins dans certaines parties privilégiées du monde), une grande variété de produits qui viennent du monde entier. La présence de certains aliments est considérée comme normale, attendue et souhaitée par une partie de la clientèle (c’est notamment le cas de la banane).

Il est donc courant dans les boutiques en vrac de trouver des produits exotiques (noix de coco, mangue séchée, bananes “chips”, café, thé, chocolat…) ou produits sur d’autres continents, alors qu’ils ne sont pas aussi écolo qu’on aurait pu le souhaiter compte tenu des distances parcourues par ces denrées.

Mais ils permettent d’avoir une offre de produits-phare, de produits plaisirs.

S’il n’y avait que des lentilles locales et du chou, ces boutiques auraient-elles autant d’attrait? Et surtout, seraient-elles financièrement viables? Le sujet est complexe.

Les limites logistiques

S’additionnent à ces limites des logistiques inexistantes, complexes (le plastique a l’avantage d’être plus léger que le verre, et meilleur marché que l’inox) ou qui font timidement leur retour (la consigne).

Alors, que faire pour l’instant?

Le cas de la nourriture est intrinsèquement lié à celui de la santé.

Mieux vaut, bien entendu, privilégier rester en bonne santé. Alors, parfois, il est nécessaire de faire des compromis, en distinguant bien le nécessaire de l’accessoire.

Pour ma part, pour équilibrer et varier mon alimentation, j’ai besoin de quelques produits qui restent introuvables pour l’instant sans un emballage (plastique, bien souvent) là où je réside. Alors même si dans ma vie j’ai fait le choix d’aller au maximum de mes capacités en termes d’éco-responsabilité, je dois prendre d’autres paramètres en compte, et aussi ne pas m’entêter face à des choses que je ne peux pas contrôler (dans ce cas, l’existence de certains aliments en vrac).

Je t’encourage donc à toujours du mieux que tu peux dans tes circonstances de vie actuelles, sans absolutisme et sans mettre en danger ta santé.

Mais je ne t’encourage pas à te résigner!

Tu peux aussi t’engager en soutenant ou participant au développement du réseau du vrac, du retour de la consigne, de la généralisation du zéro déchet…

N’oublie pas: l’essentiel n’est pas d’être parfait, mais de progresser.

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

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>> Tu es engagé dans une démarche écolo et tu t’es rendu compte que tu mangeais moins varié qu’avant? Quels sont les aliments que tu as des difficultés à trouver? Que fais-tu dans ce cas?

>> As-tu des astuces ou des bons plans à partager avec nous?