Dans mes activités, j’observe de nombreuses façons d’être plus respectueux de l’environnement, mais aussi des réactions variées au sujet des modes de vie plus écolos.

D’une part, il y a les personnes qui ne sont pas encore engagées dans une démarche plus écologique et qui sont découragées par l’ampleur perçue de la “tâche”. Elles se concentrent souvent beaucoup sur les choses qu’elles ne peuvent pas faire, les obstacles, les limites, plutôt que sur la longue liste des choses, petites et grandes, qui sont à leur portée. A leurs yeux, il semble que si elles ne peuvent pas tout faire de façon écolo, autant ne pas commencer (ou alors: à quoi bon?), ou qu’être écolo est synonyme de complexification de leur quotidien.

De l’autre côté du spectre, je rencontre régulièrement des individus qui minimisent ce qu’ils font chaque jour pour être plus écolo, et ne sont pas capables de se rendre vraiment compte de leur impact ou de l’apprécier (souvent, ils disent qu’ils “ne font pas grand-chose”, et au bout de quelques minutes de conversation, ils m’ont expliqué qu’ils mangent bio, local, de saison, se déplacent à vélo, fabriquent leurs produits d’entretien et d’hygiène, sont minimalistes, zéro déchet, ne prennent ni l’avion ni la voiture, reprisent leurs chaussettes…). Ils ne voient que leur marge de progression et estiment donc qu’ils ne sont pas parfaits, ce qui semble signifier pour eux qu’ils ne sont pas légitimes.

Dans les deux situations, il y a une forme de recherche, consciente ou inconsciente, de la perfection.

Et cela empêche beaucoup de personnes qui pourraient faire des petits ajustements dans leur vie quotidienne d’agir.

Si tu te reconnaît dans l’une de ces catégories, je te propose aujourd’hui de changer d’état d’esprit en appliquant le principe du 80/20 à tes actions écologiques.

Le principe

Au lieu d’essayer de prendre 100% de décisions écolos (ce qui est impossible) ou de culpabiliser au moindre “faux pas”, essaye de tendre progressivement vers:

  • 80% (ou plus!) de tes actions, décisions, choix sont en accord avec ton engagement dans une transition écologique
  • 20% (ou moins!) de tes actions, décisions, choix ne sont pas tout à faire en accord avec tes principes pour des raisons en dehors de ton pouvoir (opportunités, logistique, temps, pratique, argent, circonstances personnelles individuelles…)

Cette répartition est inspirée du Principe de Pareto, et j’espère qu’elle t’aidera à t’affranchir du perfectionnisme, à être plus indulgent envers toi-même, et à sortir des logiques de tout ou rien.

Ce principe n’est pas rigide !

 

Tu peux aussi chercher, par exemple, à faire du 50/50: adapte le chiffre à ce qui est possible pour toi… tout en gardant à l’esprit que l’idée est d’améliorer tes habitudes quotidiennes, de progresser et de tendre si possible vers une très grande majorité d’actions en faveur de l’environnement… sans te stresser ou perdre le plaisir de faire de petites améliorations continues! Lance toi un défi!

C’est une question d’équilibre et de progression.

Personne ne peut être parfait tout le temps et cette recherche de la perfection est improductive, voire potentiellement néfaste (comme j’en parle dans cet article).

Ce que ce principe n’est pas

Le 20% de choses “non écolo” regroupe normalement les choses qui sont hors de ton pouvoir: ce n’est pas un permis de polluer ou une logique de compensation.

Il ne signifie donc pas que tu doives raisonner selon l’équation: “je mange bio et je fais du vélo toute l’année, c’est mon 80%, donc je peux prendre l’avion une fois par an pour partir en vacances, c’est mon 20%, puisque je fais attention le reste du temps, je peux bien me le permettre”. Dans cette situation, le choix des vacances et du mode de transport dépend de toi.

Ce que cela veut plutôt dire c’est: “je m’efforce d’acheter une alimentation avec le moins d’emballage possible, quasiment toujours de saison, chez des producteurs locaux (les 80%), mais je ne trouve vraiment pas cette catégorie d’aliments en vrac, elle est indispensable pour mon équilibre et ma santé, alors pour l’instant, je continue à l’acheter emballée (les 20%) et je guette l’occasion de m’améliorer sur ce point, sans me stresser démesurément à ce propos.” Dans cet exemple, la disponibilité d’un produit qui réunisse tous tes critères ne dépend pas de toi.

Rechercher le progrès, pas la perfection

J’admire le travail de Marie Forleo, coach, conférencière et auteur américaine. L’un de ses mantras est le suivant:

“Progress, not perfection”

“Le progrès, pas la perfection.”

 

Se défaire de la recherche de la perfection a été le fil rouge de cet article, et je trouve que cette citation résume bien ce qu’il faut en retenir. Note-la quelque part où tu la verras régulièrement pour la garder en tête!

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer les autres tout de suite grâce à la section des commentaires ! Laisse un commentaire ci-dessous et explique-nous:

>> Recherches-tu la perfection dans ta démarche écologique? Es-tu dur envers toi-même? Ou sais-tu apprécier tes actions? Comment fais-tu?

>> Si tu réfléchis à agir depuis longtemps mais que tu ne l’as pas encore fais, penses-tu que la recherche de la perfection soit ce qui te bloque depuis tout ce temps?