D ans quel domaine a-t-on une grosse marge de manœuvre et peut-on obtenir des résultats visibles rapidement lorsqu’on commence sa transition écologique?

Réponse: les déchets.

En France, nous produisons actuellement environ deux fois plus de déchets qu’il y a 40 ans.

En cause: l’augmentation de la population, l’augmentation de la consommation (le développement du “shopping”) et le règne du jetable, de l’emballage, du suremballage et du plastique.

Chaque personne génère, en moyenne et toujours en France, 600 kg de déchets par an (et ce chiffre n’inclut pas le sac à dos écologique des biens de consommation). Environ la moitié de ces déchets sont ceux qui vont à la poubelle dite “classique”, c’est-à-dire ce qui n’est pas recyclable ou compostable.

600 kilos!!

Si tu doutais encore de ton pouvoir, un tel chiffre devrait t’aider à  prendre conscience de la marge d’amélioration dont tu disposes !

Et réduire ses déchets, c’est tout l’objectif de la démarche zéro déchet.

Le terme “zéro déchet” (“zero waste” en anglais, soit “zéro déchet” et “zéro gaspillage”) est un peu trompeur, parce qu’il donne l’impression qu’on cherche à arriver à 0.

Mais ce n’est pas le but.

L’objectif est de réduire au maximum et de tendre vers le zéro déchet, ce qu’on trouve parfois sous l’appellation de “low waste” en anglais, soit “peu de déchets” ou “faible production de déchets”, qui est une expression moins absolue et peut-être plus appropriée.

Avant de te montrer comment réduire tes déchets dans les prochains articles, je vais te parler des raisons pour lesquelles réduire tes déchets. Parce qu’avoir de fortes raisons d’agir, qui nous touchent personnellement, aide à persévérer et à être inventif.

Protéger sa santé et prévenir les maladies

 

 

C’est la production des biens en elle-même et la gestion des déchets que ces biens deviennent qui est problématique.

Les biens de consommation suivent un processus linéaire: production, utilisation, déchet.

La production engendre le prélèvement de ressources dans l’environnement, ce qui entraîne une part de destructions et de pollutions (air, eau, sols), ainsi que la consommation d’énergies.

A l’autre bout de ce processus, une fois que l’objet a rempli sa fonction, est cassé, ne plaît plus… il devient un déchet.

D’après une étude relayée par Jérémie Pichon dans Famille zéro déchet, ze guide (2016), le temps qui s’écoule entre le prélèvement des ressources et le moment où elles deviennent des déchets est dans 99% des cas de moins de 42 jours.

La plupart des déchets non recyclables ou compostables finissent en France principalement dans deux endroits:

  • la décharge, où ils sont enfouis;
  • l’incinérateur, où ils sont brûlés;

Dans ces deux cas, les déchets vont entraîner une pollution de l’eau, de l’eau, des dangers pour la vie sauvage…

  • en décharge: on s’expose à la pollution de l’eau avec les pluies qui lessivent les déchets (le lixiviat) et à la production de gaz à effet de serre
  • avec l’incinération: outre la libération dans l’air de fumées toxiques qui ne sont pas toutes filtrées, la combustion n’est pas parfaite et des mâchefers et REFIOM restent après la combustion

La pollution de l’air est aussi renforcée par l’utilisation de camions pour la collecte des poubelles.

Toutes ces pollutions ont des conséquences sur la santé, qu’elles soient reconnues ou pas encore (appliquons le principe de précaution!).

En somme, même si les décharges et les incinérateurs sont équipés pour nous protéger d’une partie des inconvénients de leurs activités, cette protection n’est ni parfaite, ni durable.

Autant essayer de réduire le recours à de telles structures en réduisant ses déchets.

Protéger l’environnement (ce qui revient à protéger sa santé)

 

 

Comme on l’a vu, le prélèvement de ressources dans l’environnement entraîne des pollutions et des destructions. L’équilibre des milieux naturels, condition essentielle à notre propre existence, est chamboulé, surtout parce que la production des biens de consommation augmente et s’accélère.

Et puis les déchets ne finissent pas tous dans une poubelle. Beaucoup d’entre eux terminent, volontairement ou non, tout simplement en pleine nature.

C’est en particulier le cas des déchets plastiques comme les sacs en plastique, les pailles, les filets de pêche, que les animaux avalent, parfois à s’étouffer, ou dans lesquels ils se retrouvent emprisonnés.

Par ailleurs, les substances toxiques rejetées dans l’environnement peuvent même revenir dans l’assiette des humains, avec le phénomène de bioaccumulation des substances toxique chez certaines espèces, comme les champignons ou les animaux marins filtreurs.

La Terre est un système clôt et interconnecté, où chacun dépend des autres pour sa survie et son épanouissement, que ce soit dans le règne du vivant ou dans le règne minéral.

Le maintien d’une certaine forme d’équilibre, menacé par les destructions actuelles, est la condition sine qua non de notre existence.

Et nous sentons déjà les conséquences de ces déséquilibres.

Il est important de garder en tête que les conséquences existent déjà autour de nous, elles n’appartiennent pas uniquement au futur.

D’autres bénéfices

 

 

  • Économies d’argent: plus besoin d’acheter de sacs poubelle ou de poubelle.
  • Économies de temps: moins/pas de poubelle à sortir.
  • Réduction de la pollution plastique liée à ces sacs poubelle et aux déchets en général.
  • Si tout le monde s’y met: réduction du coût supporté collectivement pour la gestion des déchets (collecte, traitement, externalités liées aux pollutions).
  • Mieux vivre: développer l’économie sociale et solidaire (l’économie circulaire)
  • Réduction du gaspillage, notamment alimentaire, ce qui permettrait, idéalement, de nourrir plus de personnes.

Pourquoi c’est à moi de faire un effort et pas les industriels?

 

Tout le monde à tous les niveaux peut et doit s’améliorer.

Actuellement, tous les niveaux font des efforts, simplement avec une conviction, une vitesse et des raisons variables.

Le plus important dans la question des déchets est la réduction à la source (le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas), donc les industriels sont particulièrement concernés.

Tu peux les influencer.

On vend ce qui s’achète: soit en ayant créé un besoin, soit en satisfaisant un besoin. C’est par ton choix de consommateur qu’il te revient de favoriser ce qui est moins impactant pour la planète, quand ça existe.

Tu peux aussi faire entendre ta voix.

Associations, lettres, pétitions, lobbying… Le nombre fait la force et il y a des façons de se faire entendre. Tu ne fera pas en sorte que le monde devienne exactement comme tu le veux, mais tu peux faire ta part.

Finalement, le plus important, c’est que tu es responsable de tes actions et de leurs conséquences.

Tu peux discuter avec les autres et les convaincre, mais ultimement, tu ne peux pas les obliger à faire ce que tu veux.

Tu es maître d’une seule et unique personne sur cette Terre: toi.

 

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer et soutenir les autres tout de suite grâce à la section des commentaires ! Laisse un commentaire ci-dessous et explique-nous :

>>>> Si tu réduis déjà tes déchets:  quelles sont les  raisons qui t’ont poussées à commencer?

>>>> Si tu veux commencer à réduire tes déchets: de quels conseils aurais-tu besoin?