Il est une vérité que beaucoup ne comprennent jamais avant qu’il ne soit trop tard : plus vous essayez d’éviter à souffrir, plus vous souffrez”
Derrick Jensen

L’image ci-dessus illustre bien ce qu’une vie plus écolo semble être aux yeux de certains, vue de l’extérieur: un désert aride de privations.

La résistance numéro un que je rencontre quand je parle de changer ses habitudes pour être plus respectueux de l’environnement et de soi, c’est l’idée de privation.

Une notion qui revient systématiquement dans les discussions et les échanges, comme un argument final pour ne pas accepter de réfléchir à un changement.

Il est considéré comme justifié pour celui qui l’utilise, et on s’attend à ce qu’il soit inattaquable par celui qui l’entends, car il possède un pouvoir culpabilisant.

“Peu importe si les bananes viennent de loin, si j’ai envie de bananes, je ne vais pas me priver.”

“Je travaille toute l’année, si j’ai envie de faire un voyage en avion à l’autre bout du monde, je ne veux pas me priver.”

“J’ai envie du dernier smartphone, peu importe si celui que je possède déjà fonctionne encore, je ne vais pas me priver de ce dont j’ai envie.”

Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle de privation?

C’est quoi, “la privation”?

 

Selon le dictionnaire Larousse:

La privation est “le fait d’être privé de quelque chose” ou le “fait de se priver volontairement ou d’être privé par les circonstances des choses nécessaires, essentielles, en particulier de la nourriture”.

Et priver, c’est:

– “ôter à quelqu’un la jouissance d’un droit, d’un bien, l’usage d’une faculté”

– ou “refuser à quelqu’un ce qu’il désire, aime, par mesure de rétorsion”

– ou encore “frustrer quelqu’un d’un plaisir, d’une joie, être la cause de ce qui est éprouvé comme un manque”

Se priver, c’est ne pas faire, pour une raison ou une autre, parfois punitive, interne ou externe, quelque chose dont on a envie ou qui nous est nécessaire.

Et la vie est déjà si pleine d’envies frustrées!

On ne peux pas manger du chocolat à longueur de journée ou se nourrir uniquement de biscuits.

Chaque société est régie par des règles, des codes, des tabous.

On ne peut pas rouler à 180 km/h sur l’autoroute en France.

Il y a des normes, des conventions sociales, des lois.

On n’a pas d’ailes pour voler ou de branchies pour respirer sous l’eau, on ne vit pas 200 ans.

Alors quand on tient – enfin! – quelque chose qu’on peut faire, dans nos vies frustrantes et stressantes, on ne le lâche pas.

“Je ne vais/veux pas me priver!”.

C’est légitime.

Le problème, c’est que nous ne vivons plus dans le monde de nos parents.

Maintenant, la somme de nos actions a un potentiel de vie ou de mort, des conséquences sur l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, la nourriture que nous consommons, les conflits, les catastrophes naturelles, la stabilité de nos infrastructures, la biodiversité, le climat, nos structures politiques et, ultimement, la capacité à la Terre à soutenir l’existence de l’espèce humaine (et des autres formes de vies).

Et ce n’est pas de ta faute, parce que je ne cherche pas à te faire porter la responsabilité de cet état de fait ou à te culpabiliser.

Mais comme toujours, j’essaie de te faire prendre conscience de ton pouvoir, positif ou négatif, et des conséquences de tes actions et de tes choix.

De la lecture pour prendre la mesure des choses

Si tu dois retenir une chose, et l’intégrer, c’est cela:

L’urgence écologique, dont dépends notre survie, a lieu maintenant, de notre vivant, en ce moment même, partout sur Terre et chaque action, de chaque personne, a le pouvoir d’améliorer les choses.

Pour mieux comprendre, je te recommande plusieurs ressources, à piocher selon ce qui résonne le plus avec toi:

Des études scientifiques

Tout d’abord, cette étude (Barnosky & al., 2012, en anglais), publiée en 2012 dans la revue Nature, qui évoque la possibilité de la disparition de notre espèce en raisons des modifications environnementales en cours et à venir.

Elle est en quelque sort le complément du Rapport Meadows (“Les limites de la croissance”), qui date de 1972 (c’était il y a presque 50 ans).

Découvrir la collapsologie

La collapsologie, c’est une discipline récente, au carrefour de beaucoup d’autres, qui étudie l’effondrement de la civilisation industrielle et les futurs possibles.

Yves Cochet définit l’effondrement comme “le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi”.

Une réalité par une partie du monde, mais probablement pas pour toi si tu possède ton propre ordinateur ou smartphone pour lire ces mots.

Je te recommande les livres “Comment tout peut s’effondrer” (Pablo Servigne et Raphaël Stevens, 2015); sa suite “Une autre fin du monde est possible” (Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gautier Chapelle, 2018); ainsi que la revue Yggdrasil.

Un peu d’humour noir

Le générateur d’excuses de Sorry Children.

Deux mines d’or

 

Le site de Sorry Children propose, par ailleurs, un annuaire intéressant de ressources pour comprendre, à explorer!

Sans oublier le site Imago TV, “la plateforme vidéo gratuite de la transition”.

Là où se situe réellement le problème

 

Pour moi, une bonne partie de notre incapacité à changer face à l’urgence environnementale, c’est que nous nous sentons mal dans nos vies.

Notre bien-être est aux abonnés absents, alors quand on n’a déjà pas assez pour soi et pour se sentir bien, comment se préoccuper de ce qui paraît lointain et abstrait?

Et au final, se dit-on, se sentant impuissant: à quoi bon?

Nos vies sont tellement frustrantes que nous n’acceptons pas de perdre les plus petites poches de récompenses (ou ce qui est perçu comme tel), les moindres petits plaisirs (même ceux qui sont mauvais pour nous à court, moyen ou long terme), les moindres habitudes.

Au milieu de tout ce stress et avec notre santé mentale qui décline,  nous ne supportons tout simplement plus la frustrations et nous cherchons l’épanouissement dans les mauvaises choses. Nous sommes accrochés à des addictions (internet, alcool, télévision, sucre, drogue, séries, films, réseaux sociaux, relations, jeux vidéos, pari, sexe…), à des mécanismes de compensation, qui ont des conséquences sur le monde et pas seulement sur nous.

Et au final, nous ne sommes pas libres.

C’est pour ça que je prône le bien-être comme moteur de la transition écologique: l’éco-épanouissement.

Un bien-être qui s’appuie sur l’essentiel, le minimalisme, la lenteur, la connaissance de soi, la méditation, l’activité physique, la gratitude, le soin de soi, la spiritualité…

Et je te propose de commencer par une semaine.

Juste 7 jours…

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer et soutenir les autres tout de suite grâce à la section des commentaires !

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