“Tout le monde a une justification et c’est cette justification qui nous perdra.”

Paul Watson

Une certaine partie de la population a conscience de la crise environnementale actuelle, et a décidé de prendre les choses en mains, en changeant ses habitudes. Globalement, les domaines sur lesquels les particuliers peuvent changer sont bien connus: l’alimentation, les transports, les déchets, l’habillement, l’hygiène, la maison – pour ne citer que les principaux.

Mais parmi les conseils qu’on peut trouver sur les pratiques peu respectueuses de l’environnement et sur leurs alternatives, il y a de tout, en particulier sur internet et les réseaux sociaux, ou lorsque les entreprises s’en mêlent. Ainsi, malheureusement, dans toute l’information qui circule, il y a des produits ou des gestes qui ne sont écolos qu’en apparence, souvent parce qu’ils sont limités à un seul aspect, en oubliant les autres. Parfois, on se retrouve même avec des recommandations ubuesques où, au final, on fait tout autant de mal à la planète, sans le savoir.

Je cite toujours l’exemple de la noix de coco (je pourrais parler de la banane, du café, du thé, du cacao, du bambou, du plastique réutilisable…), parce qu’elle est utilisée tout particulièrement dans le zéro déchet, zéro toxique, pour des questions de santé et d’environnement (ce qui revient au même).

Oui, c’est vrai, quand on regarde le produit fini, quand on a fait son déodorant maison avec de l’huile de coco, on a réduit ses déchets et on s’intoxique moins (plus de sels d’aluminium, par exemple).

C’est exact.

Mais c’est uniquement vrai sur le moment, et c’est avoir une vision microcosmique. C’est un immense zoom avant qui a tout laissé derrière. L’arbre qui cache la forêt. On reste focalisé sur soi, sur maintenant, sur ce qu’on voit. On oublie comment on en est arrivé là, et on ignore ce qui va ce produire après.

Et il ne faut pas oublier que la Terre est un macrocosme où tout est lié.

Parce qu’au final, avec cette recette, on s’intoxique autrement (pollution de l’air liée au transport de la noix de coco sur la moitié de la planète, contribution au changement climatique avec la monoculture de cocotiers) et on abîme les équilibres de la planète différemment, sans parler de l’impact humain (pour en savoir plus: mon article sur la noix de coco).

Alors, même s’il n’y a pas de vérité universelle, et que l’écologie scientifique et l’écologisme sont des choses complexes et que je découvrirais probablement, malgré tous mes efforts, que certain des comportements que je recommande ont finalement des mauvais côtés, il y a quand même des grands principes qui peuvent nous aider.

Faisons avec ce que nous savons déjà.

Les grands principes du respect de l’environnement

 

Comme en Occident notre façon de détruire l’environnement est intrinsèquement liée à notre société de consommation matérialiste basée sur le capitalisme, une bonne manière de commencer est de revoir notre rapport aux objets et à notre façon de consommer.

Voici les questions que je te recommande de te poser en général :

  • Ton besoin: est-ce que tu en as vraiment besoin? Ou est-ce que tu en as envie? Pourquoi en as-tu envie? C’est l’approche minimaliste (une recherche de l’essentiel).
  • La provenance: d’où ça vient? où est-ce que ça a été fait? est-ce que c’est aussi local que possible? S’il n’est pas nécessaire que tu t’approvisionnes uniquement au village voisin, il y a quand même une marge entre provenir de l’autre bout du monde et venir du même pays ou de la même région, parce que plus ça vient de loin, plus ça pollue et rejette de gaz à effet de serre.
  • La saison: en particulier pour les produits alimentaires. Faire pousser des produits hors saison, c’est soit forcer la nature, soit faire venir de l’autre hémisphère. Dans les deux cas, l’impact environnemental est plus fort que d’attendre la saison.
  • L’emballage : le but est de réduire ses déchets. S’il y a du plastique, c’est mauvais signe. Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas, et le recyclage est polluant lui aussi, et peu de déchets recyclables sont effectivement recyclés.
  • Est-ce neuf ou d’occasion? Jette un oeil au Défi Rien de neuf : “Des millions d’objets sont déjà en circulation, et si on les utilisait en priorité, plutôt que d’acheter des objets neuf?”
  • L’eau, l’air, l’énergie, les sols : est-ce que ça contribue à la pollution de l’air? de l’eau? la destruction des sols? de la biodiversité?
  • L’humain: qui a fabriqué ça? qui a été impliqué dans l’extraction des matières premières? est-ce éthique? quel est le coût humain?

Ce qui m’amène à l’exercice de ton sens critique quand tu fais des recherches pour ta transition écologique.

Les questions à se poser quand tu vois un conseil écolo

 

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce n’est pas parce que tout le monde en parle que ça fait réellement du bien à la planète.

En plus, étant donné que l’environnement est devenu un sujet de société et qu’on évolue dans un système capitaliste, le greenwashing (prétendre être respectueux de l’environnement sans l’être pour attirer de la clientèle) n’est jamais loin.

Ceci dit, on peut apprendre à utiliser internet de la bonne façon : en faisant des recherches et en recoupant les informations.

Quand on t’affirme quelque chose dans un article (même celui-ci!) ou sur les réseaux, demande-toi :

  • est-ce que ça concerne un ou plusieurs aspects environnementaux (plus il y a d’aspects environnementaux pris en compte, mieux c’est)
  • quelles sont les sources ? quelle est la preuve? (étude scientifique, expertise…)
  • s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?
  • de qui émane l’information ?
  • est-ce qu’il y a un enjeu financier ? (un produit à vendre, un lobby…)
  • est-ce que je comprends le lien logique entre le geste/l’objet/la pratique et son impact environnemental ?
  • est-ce qu’il y a un consensus sur le sujet ?
  • est-ce qu’il y a d’autres opinions sur le sujet ? Lesquelles?
  • est-ce que c’est aligné avec mes valeurs ?

 Dans le cas d’une entreprise (source):

  • est-ce que tous les produits ou services de l’entreprise sont écoresponsables, ou seulement une partie?
  • est-ce que les processus sont transparents?

Parce qu’au final, quand on n’exerce pas un certain sens critique, ce qui se produit, ce sont les “mauvais” gestes pour les bonnes raisons, et c’est tellement dommage.⠀⠀⠀⠀

 

La meilleure façon de procéder est de comprendre l’écologie scientifique

 

Un dernier conseil, essaie de comprendre comment fonctionne l’écologie scientifique, c’est-à-dire le monde!

L’écologisme et l’environnementalisme se basent sur les connaissances scientifiques en écologie.

L’écologie est une science qui se trouve au carrefour de la biologie, de la géologie, de la paléontologie, de la climatologie, de l’astrophysique… Bref, c’est une discipline très riche et fascinante, il y a forcément un de ses aspects qui te plaira!

Tu peux trouver des ouvrages de vulgarisation, ou même des manuels d’écologie, ou tout simplement faire des recherches en ligne. A notre époque, l’accès au savoir est devenu très simple. Utilise internet à bon escient!

Et si tu veux des chose un peu plus ludiques, je te conseille:

Le zéro déchet minimaliste et (vraiment) écolo

 

En tant que mouvance qui relève de  l’écologisme, le zéro déchet ne manque pas de conseils pas très écolos.

Sur le chemin de la réduction des déchets, tu trouveras de nombreux sons de cloches et de multiples idées un peu partout (dans les livres, sur internet, par bouche à oreille…). Parfois, quand tu débutes (et même quand tu es déjà bien avancé) tu vas voir des produits ou entendre parler de recettes qui ont l’air pas mal sur le papier.

C’est pour ça que je veux insister sur un point important: la cohérence de ta démarche.

Il y a des produits ou des gestes qui permettent effectivement de réduire ses déchets… mais c’est leur seul aspect écolo. Ils ne sont ni minimalistes, ni locaux, ni éthiques, ni réellement bons pour la planète en dehors du fait qu’ils ne sont pas emballés. Bref: ils ne sont pas si écolos que ça.

C’est pour ça que pour distinguer simplement ce qui est respectueux de l’environnement de ce qui n’est pas très écolo, j’ai créé le guide Le zéro déchet minimaliste et (vraiment) écolo!

Il te permettra de réduire tes déchets de façon cohérente, c’est-à-dire en étant respectueux de l’environnement et minimaliste, et donc simple!

Clique ici ou l’image pour en savoir plus!

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

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>> Quel est le conseil “écolo” que tu vois partout, et dont tu as fini par découvrir qu’il n’était pas si bon que ça pour la planète ?