En cette fin d’année, je te propose de revenir aux valeurs sûre en termes de bien-être émotionnel et mental. L’année écoulée nous a bien fait comprendre le tribut que la santé mentale peut avoir à payer face à des changements profonds de la vie quotidienne. Dans notre contexte d’urgence climatique et environnementale, les temps à venir vont être remplis de chamboulements de tout ordre (économiques, sociaux, alimentaires, environnementaux…). Prendre soin de son mental est plus crucial que jamais.

Depuis son origine, l’objectif d’Ecoexiste est de soutenir ton bien-être physique et mental dans une optique de transition écologique. Alors, dans cet article, je te livre quelques clés simples pour construire ou consolider les bases de ta santé mentale. Avant ça, je vais revenir sur ce qu’est le stress et ses conséquences.

Comprendre le stress et ses conséquences à long terme

 

Le stress a mauvaise presse, et pourtant, tu ne serais probablement pas là à lire ces lignes, ni moi à les écrire, sans ce mécanisme de survie.

Le stress est une réponse physiologique de l’organisme pour faire face efficacement à une menace ponctuelle dans l’instant présent.

Le coeur bât plus vite pour pomper le sang et alimenter les muscles en oxygène, au-cas-où il faut se battre contre le danger ou s’enfuir. La pression sanguine augmente. La respiration s’amplifie. Il y a plus de sucre dans le sang. La transpiration augmente. Les pupilles se dilatent et tous les sens sont aux aguets pour recueillir le maximum d’informations sur l’environnement.  L’attention est hyper-focalisée sur un seul objet.

Dans cette situation, c’est le système nerveux sympathique qui domine.

Ce stress, par nature, est limité dans le temps: il existe pour gérer une crise précise, et une fois le danger passé, le corps revient à son état stable.

Sauf que le monde dans lequel nous vivons a changé plus rapidement que nos organismes n’ont évolué.

Aujourd’hui, les bruits incessants de la ville, les flux continus d’informations (chaînes télévisées, Internet, réseaux sociaux…), les sollicitations de toutes parts (textos, notifications, appels, e-mails…), et, cette année, l’inquiétude sanitaire, les tensions sociales, les phénomènes climatiques violents, la disparition des frontières entre la vie personnelle et la vie professionnelle et la réduction des espaces personnels de chacun avec les confinements, télétravail et autres écoles à la maison… sont les nombreuses sources de stress auxquelles nous devons faire face.

Et nous baignons dedans constamment. Dans cette illusion d’urgence et d’immédiateté. Il s’agit d’un stress perçu, immatériel, abstrait et non plus d’un stress en réaction à une menace réelle et immédiate.

Et c’est ça qui change tout.

Parce que le corps répond au mental.

A force de vivre comme ça, le stress devient chronique, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de retour à l’état normal (ce qu’on appelle l’homéostasie). Dans cette situation, l’organisme n’a plus l’occasion d’engager son deuxième système nerveux, le système nerveux parasympathique, le système du repos, de la digestion, de la réparation.

Alors, quand on est tout le temps dans la zone rouge du stress, avec le temps, des dysfonctionnements profonds peuvent se manifester:

  • troubles de l’humeur, irritabilité, dépression, manque d’énergie, troubles du sommeil,
  • baisse du système immunitaire, susceptibilité aux maladies auto-immunes,
  • crampes d’estomac, reflux gastriques, nausées, problèmes digestifs,
  • hypertension, rythme cardiaque élevé, cholestérol élevé, risque de crise cardiaque,
  • augmentation de la masse graisseuse, troubles de la satiété,
  • perte de libido, réduction de la production de sperme, cycles menstruels absents ou irréguliers,
  • articulations et muscles douloureux, baisse de la densité des os…

Le stress chronique n’est donc pas un phénomène anodin.

Comment s’en prémunir?

Une étape préliminaire: apprendre écouter ses émotions

 

Beaucoup d’entre nous traversent le quotidien sans prendre le temps d’écouter ou d’essayer de comprendre ce qu’ils ressentent, les émotions et les sentiments qui les traversent ou la façon dont ils réagissent aux choses (des situations, des aliments, des personnes, des loisirs, des habitudes…).

Cette surdité nous amène à prendre des décisions qui ne prennent pas en compte nos ressentis, nos besoins et nos guidances internes, ce qui nous amène à nous sentir déconnecté de notre vérité profonde, stressé et globalement mal.

En réaction, notre corps pousse la sonnette d’alarme à travers des petits tracas au début, puis de grandes maladies.

C’est pour cela qu’il est important de faire le point régulièrement sur ce que tu ressens.

Concrètement, cette prise de conscience peut s’effectuer de nombreuse manières : en faisant une pause, et en prenant conscience de tes pensées, de ton corps, de ta respiration. En méditant. En marchant. En écrivant. En discutant avec un proche. En tenant un journal intime et en le relisant, pour prendre du recul, analyser. Ou en écrivant une liste, trois mots dans un carnet…. bref: ce qui te correspond.

Parce qu’il faut le rappeler: tu ne peux ne peux changer que ce dont tu as conscience.

Et si tu constate que tu es stressé, ou que tu veux prévenir le stress chronique, voici 5 conseils.

Conseil n°1 : construire une structure

 

Chaque jour, nous avons une quantité limitée d’énergie allouée à la prise de décisions.

Au bout d’un certain nombre de choix, une fatigue décisionnelle s’installe et nous n’arrivons plus à choisir. Sauf que le monde ne tourne pas en fonction de nous et de nos rythmes. Si nous devons réagir, et que nous n’avons plus la capacité de faire de bons choix, c’est stressant.

La nouveauté est aussi un phénomène qui fatigue beaucoup car elle demande beaucoup de vigilance.

Pour contrer ces deux mécanismes, il peut être très bénéfique de créer des routines dans ta vie quotidienne.

Ces routines n’ont pas besoin d’être très complexes, longues, rigides ou particulièrement originales. Il s’agit juste d’avoir une structure en place, de savoir ce que tu fais sans avoir besoin de te poser la question, pour ne pas avoir à prendre plus de décisions que nécessaire et ne plus vivre plus dans l’inconnu permanent.

Je te conseille de créer cette routine pour les moments sur lesquels on a en général le plus de pouvoir: le matin au lever et le soir avant le coucher. Ces  deux parenthèses où on se prépare à se lancer dans la journée, et celle où on se retire du monde.

Il est important que cette routine soit non-négociable, car c’est cette structure qui va t’empêcher de tomber dans la zone rouge du stress. Ces routines sont là pour éviter que tu sois dépassé, et non pour soigner un burn-out.

Dans cette structure, fait un non-négociable de te déconnecter de l’extérieur et de te reconnecter à toi. Pas d’internet, pas de téléphone. Un peu de calme. Prends du temps. Et fais tout ce dont tu as besoin ou envie.

Conseil n°2 : favoriser les activités de relaxation

 

Comme je l’ai mentionné au début de cet article, le stress chronique survient quand on passe son existence à solliciter le système nerveux sympathique, sans changer de rythme et donc sans permettre au système nerveux parasympathique d’effectuer son travail.

Voici quelques suggestions d’activités :

  • la respiration abdominale,
  • la pratique de la méditation,
  • le sommeil réparateur ou la sieste,
  • recevoir un massage ou pratiquer un auto-massage,
  • faire du yoga, du tai chi, de l’exercice physique en général,
  • lire,
  • rigoler,
  • tenir un journal,
  • prendre soin de son corps,
  • boire une boisson chaude en regardant dehors,
  • faire un câlin à un proche, un amoureux, son enfant, un animal,
  • habiter pleinement le moment présent (l’inquiétude, c’est se préoccuper du futur)

Tu peux aussi faire quelques modifications dans ton alimentation, comme réduire ta consommation de sucre (la régulation de la glycémie affecte aussi les hormones liées à la gestion du stress) et de caféine (qui crée littéralement une réaction de stress dans l’organisme).

A toutes fins utiles, sache que le thé contient lui aussi de la caféine (il y a encore quelques années, on l’appelait “théine”, mais il s’avère qu’il s’agit de caféine), même si les quantités sont généralement moindres.

Conseil n°3 : (re)faire de la place à ce qu’on arrête de faire lorsqu’on ne se sens pas bien

Quand on commence à se sentir mal, on a tendance à faire moins de choses; et moins on fait de choses, plus on a tendance à se sentir mal. C’est un cercle vicieux. En plus, les premières choses qu’on cesse de faire régulièrement sont celles qui nous font le plus de bien et nous permettraient de nous sentir mieux !

Il s’agit, en général, de :

  • s’alimenter correctement,
  • voir ses proches, ou des gens,
  • faire de l’exercice physique,
  • dormir à heures régulières,
  • faire les petites choses qu’on aime bien (lire un livre, écouter un album, faire une balade, aller boire un thé chez un ami, organiser un repas, danser, écrire…),
  • l’hygiène personnelle et les soins du corps,
  • boire suffisamment d’eau,
  • prendre soin de son lieu de vie (ménage, rangement)

Pour reprendre le dessus, concentre-toi sur 1 à 3 petits objectifs quotidiens que tu peux te fixer pour ces actions simples. Aucun objectif n’est trop petit. L’important est d’agir.

Conseil n°4 : privilégier les nourritures primaires

 

Les nourritures primaires, ce sont ces domaines en dehors de l’alimentation qui nous nourrissent et rendent la vie intéressante, riche et pleine de sens:

  • La spiritualité
  • La créativité
  • Les finances personnelles
  • La vie professionnelle ou l’activité
  • L’éducation
  • La santé
  • L’activité physique
  • La cuisine (du quotidien)
  • L’environnement de la maison
  • Les relations
  • La vie sociale
  • La joie

Dans chacun de ces domaines, prend quelques minutes pour écrire ta réponse aux questions suivantes: à quoi ressemblerait la satisfaction dans ce domaine ? Quelle est la prochaine et la plus petite action que je pourrais mener pour me rapprocher de cette satisfaction ?

Toute action, même si tu la juge minuscule et insignifiante, compte.

Le plus important: une fois que tu as écris tout ça, va accomplir la première action !

Conseil n°5 : l’importance de la communauté

 

Plus que jamais, cette année a bien été la preuve de notre attachement et de notre dépendance à tous les niveaux des autres, et des dommages de l’isolement ou de la solitude.

L’espèce humaine est une espèce grégaire.

Être seul ou isolé signifie être fragile. Nous avons évolué en tribus, groupes, communautés, villages… où les gens travaillaient ensemble pour le bien du groupe.

Aujourd’hui, dans notre immense famille humaine, paradoxalement, nous sommes plus seuls que jamais parce que le groupe est trop grand pour nous rendre responsable de nos actions face aux autres.

La masse nous rend anonyme.

Avec l’expansion du système capitalisme matérialiste, l’individualisme s’est répandu, ainsi que le principe de la famille nucléaire. Ce système maintient l’illusion d’une indépendance des autres, alors qu’il s’agirait plutôt d’une déconnexion, comme en parle Amma dans ce texte.

Mais dans les zones bleues, ces endroits du monde où la longévité est très nettement supérieure à la moyenne, la vie sociale et la vie de famille sont deux piliers d’une longue vie en bonne santé.

Un sentiment de communauté est capital pour l’humain !

Cherche à consolider le réseau social et/ou la communauté à laquelle tu appartiens: famille, amis, proches… mais tu peux aussi retrouver un sentiment d’appartenance dans un groupe religieux, une association, un club sportifs…

Il n’y a aucune obligation ni d’absolu dans ces cinq conseils. Ne cherche pas à tout faire en même temps. Va pas à pas, à ton rythme.

Et, comme toujours, l’objectif est de progresser, de s’améliorer, de grandir, et non d’essayer d’atteindre une perfection illusoire.

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

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Elodie | Fondatrice d’ECOEXISTE

Diplômée en écologie, protection de l’environnement et nutrition holistique.