L’ éco-anxiété, ou solastalgie, est une détresse profonde qu’éprouvent certains individus face à la situation environnementale actuelle. S’il ne s’agit pas d’un trouble psychologique à part entière, ses conséquences sur la qualité de vie sont avérées. Face à la possibilité d’un effondrement en cours et la destruction de l’environnement, les personnes concernées peuvent ressentir de façon chronique un mal-être, de la tristesse, de la colère, de la peur, de l’anxiété, voire de la dépression ou un désespoir important.

L’immobilisme ambiant n’arrange pas les choses : face aux constats sur l’état de la Terre, certains rentrent dans le déni ou dans le rejet, alors que les eco-anxieux sont inquiets face à un avenir plus incertain et imprévisible que jamais. Il voient les catastrophes s’accumuler, sans que rien ne change, ou si peu. Pourtant, ce qui est en jeu, au fond, c’est notre propre survie

Comment faire face ?

Réduire le flux d’informations

Je ne suis pas en train de te conseiller de faire l’autruche et de faire comme si de rien n’était.

Cependant, nous vivons à l’âge de l’information et nous sommes submergés d’une abondance d’informations qui nous arrivent de toutes parts en permanence.

D’un côté, ce foisonnement sans précédent d’informations est plutôt une bonne chose: la circulation de l’information est importante, et il est plus facile que jamais de relayer des nouvelles, d’apprendre des choses, de collaborer ou de contacter d’autres personnes.

Mais devoir gérer un flux perpétuel de données extérieures (réseaux sociaux, télévision, smartphones, internet, livres, journaux, publications…), en particulier en ayant peur de manquer quelque chose, nous amène à un état de stress permanent.

Par ailleurs, une large partie des informations qui sont les plus relayées sont négatives (on aime le sensationnel), où génèrent des sentiments négatifs en nous (je pense notamment aux phénomènes de comparaison avec les réseaux sociaux). Il y a tant de sources d’information à notre disposition que nous pourrions passer chaque minute de chaque journée à approfondir en détail n’importe quel sujet, n’importe quel problème, n’importe quel fait d’actualité.

A force, cette connexion permanente au monde extérieur et à tout ce qui s’y passe est épuisant, fragilisant.

Dans le cas de l’urgence écologique, nous ne sommes pas conçus pour gérer des problèmes aux ramifications nébuleuses, à une échelle globale et avec une temporalité incertaine.

On a le sentiment d’être submergé et impuissant.

A la longue, cela fini par faire le terrain du mal-être.

Je te suggère donc de réduire drastiquement ta consommation d’informations et de t’informer en conscience.

Choisis une source d’information qui ne te fait pas trop de mal (ou même du bien! certains médias sont spécialisés en bonnes nouvelles) et décide de la fréquence la plus pertinente pour toi pour la consulter.

Prends conscience également, quand tu t’informes, des sentiments que cela génère chez toi.

Essaie de les nommer. Colère? Désespoir? Joie? Espoir?… Et surtout, n’hésite pas à t’arrêter en cours de route si c’est trop pénible.

Tu es le gardien de ton bien-être.

Prendre soin de soi et de sa santé physique et mentale

Comme je viens de te l’expliquer, c’est important d’être à l’écoute de ce qui se passe en toi. Si tu es toujours en train de réagir à ce qui se passe dans le monde, tu finis par te déconnecter de ta réalité, de ton intériorité, voire même de ton intuition, si cruciale pour te guider.

Tu ne peux prendre soin des autres et de la planète efficacement que si tu es en pleine forme, que si tu as pris soin de toi d’abord. C’est contre-intuitif, mais faire attention à soi est le summum de l’altruisme!

C’est d’ailleurs le motto d’Ecoexiste: ton bien-être est le premier pas de ta transition écologique! C’est ce que j’appelle l’éco-épanouissement.

Fais ta priorité de prendre soin de ton corps et de ton esprit, par tous les moyens qui te plaisent et te conviennent.

Faire un câlin à un proche. Lire un livre. Faire du sport. Cuisiner. Boire une boisson chaude. Discuter avec des amis. Faire son lit. Tirer les rideaux et mettre de la musique douce. Ou de la musique forte. Méditer. Porter une tenue plus confortable. Marcher dans la nature. Commencer une thérapie. Appeler un proche. Regarder le soleil se lever ou se coucher. Danser. Respirer…

Il y a tant de possibilités! L’important, c’est la régularité et le plaisir.

D’ailleurs, j’ai exploré ce sujet en détail dans mon article 5 conseils de base pour ton bien-être mental et émotionnel.

Enfin, la pratique d’une discipline comme le yoga a une place particulière à jouer, parce que le yoga fait du bien au corps, à l’esprit et à l’âme, et renforce notre sentiment de connexion et d’appartenance au monde.

Ressentir et nommer ses sentiments et émotions

Prendre le temps de ressentir ses émotions, sans se laisser envahir par elles ou sans chercher à les ignorer, est un apprentissage important.

Sache aussi que les émotions se ressentent dans le corps, elles ne sont pas uniquement un processus mental: gorge serrée, nausées, papillons dans le ventre, larmes aux yeux, coeur qui bat… Toutes ces manifestations physiques sont l’expression d’émotions.

Les émotions dites “négatives” (colère, peur, tristesse…) ne sont pas à supprimer ou à juger (avec un discours interne comme “je ne devrais pas ressentir ces émotions”, “je ne devrais pas me laisser aller…”).

Elles sont importantes: ce sont des indicateurs de ce qui nous touche et il ne faut pas essayer de “remédier” à leur existence sans comprendre pourquoi elles surgissent. L’émotion est littéralement ce qui mets en mouvement.

Si tu as du mal à identifier, vivre ou gérer tes émotions, il est important de te faire accompagner.

Il existe de nombreuses professions et approches: psychologue, psychiatre, psychanalyste, thérapeute, mais aussi, en complément, praticiens énergétiques (reiki, ostéopathie, EFT…), médecine ayurvédique, médecine traditionnelle chinoise, naturopathie… Si la question financière se pose, certains centre communaux d’action sociale sont dotés de psychologues.

Je te recommande également la lecture de la série de BD Emotions, enquête et mode d’emploi, de Art-Mella, qui constitue une bonne initiation à ce monde trop méconnu.

Au quotidien, pense à exprimer ce que tu ressens, de la façon qui te convient le mieux (écrire, parler à un proche, créer de l’art, faire du sport…).

Agir !

Ton éco-anxiété indique que tu as conscience de quelque chose dans le monde que tu n’acceptes pas.

Et tu peux tout à fait agir pour changer ou améliorer ce qui ne fonctionne pas à tes yeux.

Dans ce passage à l’action, fixe toi une ampleur d’action qui te convient (certains veulent changer le monde, d’autres leur famille). Tu peux toujours revoir l’amplitude de ton action et de tes objectifs en cours de route! La décision que tu prends aujourd’hui ne t’engage pas pour l’éternité.

Tu peux, selon ce qui te correspond, créer, militer, changer, parler, discuter, informer; avec ta communauté, en ligne, avec ta famille, tes amis, une association à laquelle tu appartiens…

N’oublie pas de t’entourer de personnes qui partagent tes inquiétudes et qui agissent en conséquence. (J’insiste sur l’importance de la deuxième partie de cette phrase: des gens qui agissent).

Tu peux aussi changer des choses dans ton mode de vie, ta vie quotidienne, un peu chaque jour, comme:

 

Pour finir, tu peux être fier de l’amour que tu portes à la Terre et à toi-même qui te pousse à l’action!

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

Tu peux commencer à inspirer les autres tout de suite grâce à la section des commentaires ! Laisse un commentaire ci-dessous et explique-nous :

>>>> Est-ce que tu considères éco-anxieux? Comment ça se traduit pour toi au quotidien? Comment arrives-tu à faire face?

Elodie | Fondatrice d’ECOEXISTE

Diplômée en écologie, protection de l’environnement et nutrition holistique.