Les habitants les plus privilégiés des pays riches croulent sous les possessions matérielles, du fait d’une économie et d’une société basées sur la consommation, le capitalisme et le matérialisme. Souvent source de mal-être et de problèmes divers (coûts de stockage, dépenses, entretien, stress…), cette accumulation est maintenant combattue par le minimalisme, que l’on pourrait définir comme l’effort de ne posséder que des objets choisis pour leur utilité ou le bonheur qu’ils procurent. Mais il existe de multiples approches, qui ne sont pas toujours synonyme d’écologie et de respect de la planète.

Le minimalisme se veut être la recherche de la réduction du nombre de ses possessions. J’ai déjà évoqué ici comment le minimalisme rejoignait l’écologisme.

Un point sur lequel je voudrais insister, et c’est l’objet de cet article, c’est que le plus important quand on veut respecter l’environnement, ce n’est pas tant de posséder moins (car on peut donner au fur et à mesure et racheter au fur et à mesure et avoir toujours le même nombre de possessions !) mais de consommer moins. Quand on se concentre uniquement sur le nombre d’objets que l’on possède un moment, on a une vision réduite à l’individu, en dehors du monde. Quand on réfléchit en termes de consommation, on a une réflexion globale, ce qui est préférable dans un monde où toutes les vies sont interconnectées.

La production d’objets neufs consomme des ressources naturelles, par essence limitées, et peut engendrer, dans des proportions diverses, un certain nombre de pollutions (air, eau, terre…), des destructions des écosystèmes, sans parler des conditions de travail des personnes impliquées.

Consommer moins est quelque chose sur lequel tu as tout le pouvoir.

Aujourd’hui.

Maintenant.

C’est quelque chose que tu peux commencer à faire tout de suite, quelle que soit ta situation. Car je ne parle bien sûr pas de consommer moins de ce qui est nécessaire à la survie, à la santé ou au bien-être. Non, tu sais bien de quoi je parle: tous ces extras qui ne servent pas vraiment, qui sont des coups de tête, des coups de coeur passagers, toutes ces choses que tu accumules et que tu n’utilises jamais, ou peu, que tu gardes au-cas où, ou pour ton “moi fantasmé”.

Oui, consommer moins est un choix de privilégiés, qui ont le luxe de pouvoir posséder trop. C’est donc justement aux privilégiés de faire ce choix de posséder moins, puisqu’ils en ont les moyens.

Attention aux allégations vertes

 

Tu pourrais être tenté de te dire que certains produits ne sont pas si terribles que ça. Ils sont “éco-conçus”, “font du bien à la planète”, “respectent l’environnement”, ils sont “verts”. Mais un produit respectueux de l’environnement aura (peut-être!) un impact réduit sur la nature, mais il aura un impact quand même. Et la mesure de l’impact de la production, de l’utilisation et de la destruction d’un objet est complexe. Par ailleurs, on n’est pas à l’abri d’un effet rebond: je consomme vert, donc je peux consommer tout autant ou  plus; ou alors je consomme vert, donc je peux me “permettre” x ou y.

Alors oui, il y a des choses nécessaires. Pour ça, à chaque fois que c’est possible, je t’invite à acheter de seconde main. Et pour tout ce qui n’est pas nécessaire: n’achète tout simplement pas.

On peut arguer que la notion de nécessité est toute relative. Je suis d’accord. Mais il est important de s’interroger sur ce qui a créé ta notion personnelle de nécessité. Pourquoi estimes-tu tel objet nécessaire ? Nécessaire à quoi, d’ailleurs: ta survie, ton bien-être, un statut… ? D’où vient cette notion de nécessité ? De tes parents, de la société, de ton expérience ?

Je te demande tout ça parce qu’il faut mettre en balance cette notion personnelle de nécessité avec les destructions sans précédent de notre milieu de vie qui remettent en question notre capacité à vivre sur cette Terre.

Consommer moins et vivre plus

 

Mon chemin de réduction de mes possessions matérielles et de consommation a commencé au début des années 2010. Au fil du temps, je me suis rendu compte (et c’est mon expérience personnelle, pas une règle générale) que moins je possédais et consommais, moins j’avais envie de posséder.

En possédant moins, je passe moins de temps à acheter, assurer, entretenir, ranger, transporter, organiser, interagir, penser à des objets superflus. J’ai davantage de temps pour être au lieu d’avoir. Et j’apprécie d’autant plus ce que je possède (car je ne vis pas avec uniquement un bol en bois et un slip).

Cet affranchissement du matériel peut enrichir notre vie sociale, notre vie spirituelle (attention au matérialisme spirituel!), notre créativité.

En pratique

 

  • Fais un désencombrement de tes possessions actuelles. Il y a quantités de méthodes, livres, vidéos, articles sur le sujet. J’aime la méthode KonMari de Marie Kondo et le livre L’art de la simplicité de Dominique Loreau.
  • Renseigne-toi sur l’impact sur l’environnement de la fabrication des objets que tu consommes le plus.
  • Ne va pas dans les magasins (en ce moment, c’est plus facile, je te l’accorde), sauf si tu as un but bien précis. Cela évite les tentations et la fatigue décisionnelle.
  • Si tu as tendance à acheter en ligne, ne te facilite pas les choses: n’enregistre pas ta carte ou n’utilise pas un moyen de paiement ultrasimple comme PayPal. Si tu achètes avec ton smartphone, désinstalle les applications concernées.
  • Choisi les médias que tu consommes. Les magazines regorgent de publi-communiqués et autres pages “shopping” qui sont des pubs bien présentées et qui te donnent des idées et des envies de choses auxquelles tu n’aurais jamais pensé.
  • Fais le point sur tes dépenses par catégories (vêtements, loisirs, charges, loyer…) pour te rendre compte de ce que tu dépenses par poste particulier. Tu auras peut-être des surprises.
  • Jette un coup d’oeil au Défi Rien de Neuf de Zero Waste France.
  • Passe de la voiture au vélo ! Et si tu n’aimes pas faire du vélo au quotidien, lis cet article pour dépasser tes blocages.
  • Achète et cuisine la quantité juste de nourriture pour gaspiller moins.
  • Apprend à faire durer, à réparer, à réutiliser.
  • Eduque-toi sur les astuces écolo qui ne sont pas minimalistes.

Tu es infiniment plus capable que tu ne l’imagines.

Chacun de tes gestes compte.

Et maintenant, c’est à toi !

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Elodie | Fondatrice d’ECOEXISTE

Diplômée en écologie, protection de l’environnement et nutrition holistique.